LA PHILOSOPHIE DU NON

Publié le 21 juin 2026

J’explore aujourd’hui une facette récurrente de ce que je perçois

comme une énorme prison, je pense qu’il est important de se

révéler à soi-même quand on est prit dans le tourbillon de la

négativité et que, peut-être, en le faisant, on s’ouvre à d’autres

visions de la vie.

La philosophie du non consiste à adopter une posture fermée pour

chaque situation de vie se proposant à nous, quoi qu’il nous soit

présenté, le non sera l’issue de toute façon, il permet la facilité en

optant pour la sécurité.

La sécurité est celle de ne rien tenter pour éviter tout risque, en

optant pour une attitude fermée, je me protège des changements

qui me font peur car ils sont inconnus, pour nous, l’inconnu est la

zone à ne pas explorer car elle nous sort de notre confort. Le

connu étant la zone confortable, cela permet de se rassurer sur le

fait qu’il ne se passera rien de risqué dans notre vie.

Et c’est bien là le dilemme, en optant pour le non, on fait en sorte

qu’il nous arrive rien, et vous savez quoi, ça marche, comme le

disait si bien le poisson Dorie dans le dessin animé Nemo : « si tu

fais toujours en sorte qu’il n’arrive jamais rien à ton fils, il risque de

ne jamais rien lui arriver ». Voila qui résume à la perfection cette

mentalité récurrente qui semble polluer notre époque; en adoptant

une philosophie où le risque est écarté à son maximum dans

chacune des situations que la vie fait défiler devant nous, est-ce

que nous n’en devenons pas des affaiblis complètement obnubilés

par les pensées de ce qui se passerait si on tentait ?

Tenter, c’est essayer, et si ça ne marche pas, on arrête, on change

de stratégie, mais au moins on saura que ça ne nous convient pas

et pourquoi cela ne nous convient pas. Ne pas tenter, c’est faire en

sorte de ne prendre aucun risque, et surtout de se trahir sur l’autel

du principe de précaution, je parle de se trahir car notre volonté

profonde n’est jamais de rester sur son canapé à ne pas prendre

de risques, elle est de nous mesurer à des choses qui vont faire en

sorte qu’on s’évalue par rapport à l’expérience qu’on aura vécue

en les experimentant.

C’est comme pour un combat de boxe, si on veut évoluer dans le

championnat, il va bien falloir qu’on se prouve qu’on est capable

de monter sur un ring, et d’affronter un autre boxeur, la volonté de

vouloir évoluer dans le championnat est un stimulant à la vie qu’ilfaut se procurer quand on en a l’occasion. Si on perd cette volonté

de vouloir être champion de boxe, on perd le stimulant, alors il se

crée chez nous une attitude de justification de l’inaction, elle

repose sur le besoin de justifier de ne rien vouloir faire parce que

j’estime que je n’ai pas envie de faire quelque chose, et que je me

dis qu’il faut suivre ses envies.

Je suis d’accord sur le fait qu’il faille suivre ses envies, mais là où

je ne suis pas d’accord, c’est sur le principe de suivre ses non-

envies, en effet, je considère que les non-envies sont la justification

dont on se persuade d’avoir besoin pour dire non à la vie, le non

vient du mental, alors que le oui vient du coeur.

Je suis devenu quelqu’un qui ne suit que la voie du coeur, et de par

ce fait, je suis confronté à ceux qui ne veulent pas prendre de

risques car c’est ce que tout le monde fait, cette tradition s’est

répandue comme un virus chez les humains modernes en quête de

fainéantise. La fainéantise est devenue le lot quotidien de chacun

d’entre nous, elle fait en sorte qu’on ne veuille surtout pas

s’embêter dans les situations et surtout ne rien risquer, et comme

ces notions requièrent des efforts, nous laissons la fainéantise agir

sur nous comme le plus gros des freins à la vie.

Le non est unilatéral, il fait en sorte qu’on soit seul à décider pour

deux, ou plus, alors que le oui ouvre à une collaboration, dire non à

un employé, un prétendant permet la fainéantise, quand je dis non,

cela rompt complètement l’évolution entre les deux partis, je suis le

seul décisionnaire, je m’octroie le pouvoir.

Cette posture est un jeu de l’égo, quelqu’un qui décide pour

plusieurs en disant non, fait en sorte de dévoiler une colossale

peur, celle de ne ne pas maîtriser la situation, ainsi, de manière

sous-jacente, il dévoile un besoin de contrôle qui n’est en vérité

que le masque que sa grande peur lui fait mettre.

quelqu’un qui dit non systématiquement à chaque chose qui

pourrait s’avérer être positive pour lui, même si ce n’est pas sûr

qu’elle le soit exprime cette colossale peur que tout le monde

autour de lui percoit, celle-ci va devenir son plus grand guide de

vie, et comme tout le monde le sait, il n’est pas plus mauvais guide

que la peur.

Prendre le courage, affronter et se rendre compte que ce qu’on

projetait n’était pas du tout ce qui nous attendait est la plus

efficace des manières pour remonter sa dose de confiance

intérieure, c’est en disant oui que cette confiance monte, et c’esten disant non que la honte d’avoir dit non va insidieusement

s’immiscer dans notre esprit et altérer l’estime qu’on a de nous-

même.

Celui qui dit non prend le contrôle par la fuite, donc par la peur, en

privant l’autre de toute marge d’action, il fait en sorte que la

situation et l’issue de celle-ci soit sous l’emprise de ses décisions à

lui seul, il se convainc qu’il est dans le vrai, et il se délecte d’une

sensation de victoire sur l’autre. En réalité, l’aspect victorieux d’un

non qui empêche tout avancement entre plusieurs partis n’est que

ce que son égo veut entendre, l’égo est également le plus mauvais

des guides, il agit comme le petit diable rouge posé sur notre

épaule.

Dire oui donne la sensation psychologique de faire avec, avec la

personne, avec l’entreprise, où avec un groupe quelconque, alors

que le non nous renvoie l’image du contre, contre l’autre qui était

dans la posture du demandeur, contre la future collaboration,

contre l’échange.

Avec le non, nous nous retrouvons contre le monde, ainsi on se

retrouve seul dans un état d’esprit négatif, car le non étant une

négation, il va attirer dans notre vie des choses qui vibrent à la

hauteur de celui-ci.

Le responsable, c’est le masque de fuyant qui vit dans chacun de

nous, surtout ceux qui ont vécus des situations où ils ont soufferts,

ils ne veulent plus revivre cette souffrance, ils pensent se protéger

en refusant, ils ont souffert et ils considèrent que c’est la faute de

l’autre, même si, la souffrance, c’est bel et bien eux qui l’ont crée.

Je pense qu’on souffre parce qu’on le décide, même si on ne le

décide pas de son plein souhait, on décide de souffrir d’une

situation, il est important de souligner que l’unique responsable de

cette souffrance est nous-même, l’autre n’est qu’un instrument

qu’on a choisi comme tel pour nous asseoir dans la posture de la

victime qu’on affectionne particulièrement car elle nous permet de

nous donner le rôle du gentil, et, à l’autre, par incidence celui du

méchant.

Pour ne plus souffrir, je dis non à la vie, je ferme les portes, je vis

dans une existence que j’ai entièrement verrouillée, parce que je ne

veux plus souffrir, ainsi, pour ne plus souffrir, je me dis que je ne

veux plus avoir de situations qui me font souffrir, alors je bloque

tout.Personnellement, je pense que le meilleur moyen de ne pas souffrir

d’une situation, est justement de ne pas souffrir, c’est-à-dire de ne

pas opter pour la souffrance, j’ai mis la posture de victime au fond

d’un tiroir que je ne suis pas prêt de ré-ouvrir. Je n’ai plus la

souffrance en moi, alors je vais vers les situations que la vie me

propose car je n’ai pas peur de souffrir, puisque la souffrance

n’existe plus chez moi, la solution n’a pas été d’écarter les

situations à risque émotionnels, elle a été de supprimer la

souffrance de mon esprit.

Savoir dire oui aux expériences, c’est découvrir que le fait de dire

oui n’est pas dangereux, ainsi, nous nous donnons l’occasion

d’aimer ce que nous avons accepté de faire et d’en ressortir le plus

beau fluide de puissance et de jouvence qui soit, la confiance; dire

oui, c’est donner envie de dire oui à la prochaine occasion qu’il

nous sera donnée de le dire, tout simplement parce qu’on prendra

modèle sur la première fois qui n’aura pas été ce qu’on s’en

imaginait avec la peur au ventre.

Il suffit juste d’initier la première fois, dire oui, à la vie, à une

relation, à un emploi, où même à communiquer avec des gens, et

si jamais ça ne me plait pas, je lâcherais l’affaire, mais je veux au

moins essayer.

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