J’explore aujourd’hui une facette récurrente de ce que je perçois
comme une énorme prison, je pense qu’il est important de se
révéler à soi-même quand on est prit dans le tourbillon de la
négativité et que, peut-être, en le faisant, on s’ouvre à d’autres
visions de la vie.
La philosophie du non consiste à adopter une posture fermée pour
chaque situation de vie se proposant à nous, quoi qu’il nous soit
présenté, le non sera l’issue de toute façon, il permet la facilité en
optant pour la sécurité.
La sécurité est celle de ne rien tenter pour éviter tout risque, en
optant pour une attitude fermée, je me protège des changements
qui me font peur car ils sont inconnus, pour nous, l’inconnu est la
zone à ne pas explorer car elle nous sort de notre confort. Le
connu étant la zone confortable, cela permet de se rassurer sur le
fait qu’il ne se passera rien de risqué dans notre vie.
Et c’est bien là le dilemme, en optant pour le non, on fait en sorte
qu’il nous arrive rien, et vous savez quoi, ça marche, comme le
disait si bien le poisson Dorie dans le dessin animé Nemo : « si tu
fais toujours en sorte qu’il n’arrive jamais rien à ton fils, il risque de
ne jamais rien lui arriver ». Voila qui résume à la perfection cette
mentalité récurrente qui semble polluer notre époque; en adoptant
une philosophie où le risque est écarté à son maximum dans
chacune des situations que la vie fait défiler devant nous, est-ce
que nous n’en devenons pas des affaiblis complètement obnubilés
par les pensées de ce qui se passerait si on tentait ?
Tenter, c’est essayer, et si ça ne marche pas, on arrête, on change
de stratégie, mais au moins on saura que ça ne nous convient pas
et pourquoi cela ne nous convient pas. Ne pas tenter, c’est faire en
sorte de ne prendre aucun risque, et surtout de se trahir sur l’autel
du principe de précaution, je parle de se trahir car notre volonté
profonde n’est jamais de rester sur son canapé à ne pas prendre
de risques, elle est de nous mesurer à des choses qui vont faire en
sorte qu’on s’évalue par rapport à l’expérience qu’on aura vécue
en les experimentant.
C’est comme pour un combat de boxe, si on veut évoluer dans le
championnat, il va bien falloir qu’on se prouve qu’on est capable
de monter sur un ring, et d’affronter un autre boxeur, la volonté de
vouloir évoluer dans le championnat est un stimulant à la vie qu’ilfaut se procurer quand on en a l’occasion. Si on perd cette volonté
de vouloir être champion de boxe, on perd le stimulant, alors il se
crée chez nous une attitude de justification de l’inaction, elle
repose sur le besoin de justifier de ne rien vouloir faire parce que
j’estime que je n’ai pas envie de faire quelque chose, et que je me
dis qu’il faut suivre ses envies.
Je suis d’accord sur le fait qu’il faille suivre ses envies, mais là où
je ne suis pas d’accord, c’est sur le principe de suivre ses non-
envies, en effet, je considère que les non-envies sont la justification
dont on se persuade d’avoir besoin pour dire non à la vie, le non
vient du mental, alors que le oui vient du coeur.
Je suis devenu quelqu’un qui ne suit que la voie du coeur, et de par
ce fait, je suis confronté à ceux qui ne veulent pas prendre de
risques car c’est ce que tout le monde fait, cette tradition s’est
répandue comme un virus chez les humains modernes en quête de
fainéantise. La fainéantise est devenue le lot quotidien de chacun
d’entre nous, elle fait en sorte qu’on ne veuille surtout pas
s’embêter dans les situations et surtout ne rien risquer, et comme
ces notions requièrent des efforts, nous laissons la fainéantise agir
sur nous comme le plus gros des freins à la vie.
Le non est unilatéral, il fait en sorte qu’on soit seul à décider pour
deux, ou plus, alors que le oui ouvre à une collaboration, dire non à
un employé, un prétendant permet la fainéantise, quand je dis non,
cela rompt complètement l’évolution entre les deux partis, je suis le
seul décisionnaire, je m’octroie le pouvoir.
Cette posture est un jeu de l’égo, quelqu’un qui décide pour
plusieurs en disant non, fait en sorte de dévoiler une colossale
peur, celle de ne ne pas maîtriser la situation, ainsi, de manière
sous-jacente, il dévoile un besoin de contrôle qui n’est en vérité
que le masque que sa grande peur lui fait mettre.
quelqu’un qui dit non systématiquement à chaque chose qui
pourrait s’avérer être positive pour lui, même si ce n’est pas sûr
qu’elle le soit exprime cette colossale peur que tout le monde
autour de lui percoit, celle-ci va devenir son plus grand guide de
vie, et comme tout le monde le sait, il n’est pas plus mauvais guide
que la peur.
Prendre le courage, affronter et se rendre compte que ce qu’on
projetait n’était pas du tout ce qui nous attendait est la plus
efficace des manières pour remonter sa dose de confiance
intérieure, c’est en disant oui que cette confiance monte, et c’esten disant non que la honte d’avoir dit non va insidieusement
s’immiscer dans notre esprit et altérer l’estime qu’on a de nous-
même.
Celui qui dit non prend le contrôle par la fuite, donc par la peur, en
privant l’autre de toute marge d’action, il fait en sorte que la
situation et l’issue de celle-ci soit sous l’emprise de ses décisions à
lui seul, il se convainc qu’il est dans le vrai, et il se délecte d’une
sensation de victoire sur l’autre. En réalité, l’aspect victorieux d’un
non qui empêche tout avancement entre plusieurs partis n’est que
ce que son égo veut entendre, l’égo est également le plus mauvais
des guides, il agit comme le petit diable rouge posé sur notre
épaule.
Dire oui donne la sensation psychologique de faire avec, avec la
personne, avec l’entreprise, où avec un groupe quelconque, alors
que le non nous renvoie l’image du contre, contre l’autre qui était
dans la posture du demandeur, contre la future collaboration,
contre l’échange.
Avec le non, nous nous retrouvons contre le monde, ainsi on se
retrouve seul dans un état d’esprit négatif, car le non étant une
négation, il va attirer dans notre vie des choses qui vibrent à la
hauteur de celui-ci.
Le responsable, c’est le masque de fuyant qui vit dans chacun de
nous, surtout ceux qui ont vécus des situations où ils ont soufferts,
ils ne veulent plus revivre cette souffrance, ils pensent se protéger
en refusant, ils ont souffert et ils considèrent que c’est la faute de
l’autre, même si, la souffrance, c’est bel et bien eux qui l’ont crée.
Je pense qu’on souffre parce qu’on le décide, même si on ne le
décide pas de son plein souhait, on décide de souffrir d’une
situation, il est important de souligner que l’unique responsable de
cette souffrance est nous-même, l’autre n’est qu’un instrument
qu’on a choisi comme tel pour nous asseoir dans la posture de la
victime qu’on affectionne particulièrement car elle nous permet de
nous donner le rôle du gentil, et, à l’autre, par incidence celui du
méchant.
Pour ne plus souffrir, je dis non à la vie, je ferme les portes, je vis
dans une existence que j’ai entièrement verrouillée, parce que je ne
veux plus souffrir, ainsi, pour ne plus souffrir, je me dis que je ne
veux plus avoir de situations qui me font souffrir, alors je bloque
tout.Personnellement, je pense que le meilleur moyen de ne pas souffrir
d’une situation, est justement de ne pas souffrir, c’est-à-dire de ne
pas opter pour la souffrance, j’ai mis la posture de victime au fond
d’un tiroir que je ne suis pas prêt de ré-ouvrir. Je n’ai plus la
souffrance en moi, alors je vais vers les situations que la vie me
propose car je n’ai pas peur de souffrir, puisque la souffrance
n’existe plus chez moi, la solution n’a pas été d’écarter les
situations à risque émotionnels, elle a été de supprimer la
souffrance de mon esprit.
Savoir dire oui aux expériences, c’est découvrir que le fait de dire
oui n’est pas dangereux, ainsi, nous nous donnons l’occasion
d’aimer ce que nous avons accepté de faire et d’en ressortir le plus
beau fluide de puissance et de jouvence qui soit, la confiance; dire
oui, c’est donner envie de dire oui à la prochaine occasion qu’il
nous sera donnée de le dire, tout simplement parce qu’on prendra
modèle sur la première fois qui n’aura pas été ce qu’on s’en
imaginait avec la peur au ventre.
Il suffit juste d’initier la première fois, dire oui, à la vie, à une
relation, à un emploi, où même à communiquer avec des gens, et
si jamais ça ne me plait pas, je lâcherais l’affaire, mais je veux au
moins essayer.