Mais à quoi bon avoir la confiance si c’est pour se retrouver seul au milieu des autres qui semblent la considérer comme inaccessible, à quoi bon être confiant dans cette vie si cela nous amène à voir des choses qui ne nous plaisent pas ? c’est vrai, il y a des choses qui ne me plaisent pas, mais vu sous l’angle de la confiance, j’en ressors toujours de la positivité, les choses ne me plaisent pas mais je suis persuadé que ça va changer, le fait d’être totalement persuadé que les choses vont changer me permet de rester constamment serein sur ces choses, car je sais qu’elles vont changer, de plus, il est important de noter que je n’ai pas besoin d’avoir raison, j’ai juste besoin d’être persuadé.
Je pense que le bonheur vient de la confiance, celle-ci aura annihilé toute la souffrance qui régnait en moi, la souffrance est cet état d’être qui rend la vie terne car la peur est mise au devant de la scène, quand on souffre, on pense qu’on subit, on ne vit que pour la reconnaissance, on est inquiet sur les incertitudes. Quand on souffre, on est en colère, on se laisse entrainer dans la farandole de la victimisation en se persuadant que c’est la faute au passé, à un évènement ou une personne et on fait de notre vie une conséquence de ce qu’on est persuadé d’avoir subi alors qu’on ne regarde pas que c’est nous qui réagissons. On réagit face aux événements parce que c’est facile de blâmer le passé et de dire que c’est à cause de lui si on est comme ça maintenant, il n’y a personne pour contester et cela nous propulse sur le trône de la grande victime du monde, cette victime qui veut qu’on s’intéresse à elle, cette victime qui veut avoir une image de quelqu’un de gentil, car c’est l’impression qui va en ressortir, mais ce n’est qu’une impression.
La facilité est le poison de l’humain en quête de confort absolu, il se laisse aller à celle-ci en se persuadant que c’est une bonne chose, tout simplement parce que c’est facile de penser cela, alors pourquoi toujours aller vers ce confort qui ne nous fait jamais de bien ?
Parce que c’est ce que tout le monde fait, nous sommes dans une société qui veut que nous y adhérions, parce que ça permet de faire de cette colossale masse de gens des gentils moutons qui font ce qu’on leur dit. Si les moutons en venaient à vouloir sortir de cette facilité en se rebellant, la société n’aurait que quelques temps à exister.
Quand on souffre, on est impatient, on veut que le bonheur arrive vite, parce qu’on en a marre, quand on souffre, on en a marre très facilement et on doute. La souffrance est cette faculté à fabriquer des tensions dans notre vie, elle nous maintient dans la peur avec une régularité qui nous entraîne à en faire notre premier compagnon de vie, elle est là, ancrée en nous et on a l’impression que c’est comme ça et pas autrement, tout simplement parce que c’est le cas de tout le monde, les gens en paix sont extrêmement rares.
La gentille victime va faire de la psychologie sa principale excuse pour ne pas aller bien, je dirais même pour faire en sorte de ne pas aller bien, car c’est un rôle qu’elle prend, tout est représentation dans la vie de ceux qui cherchent à ne pas aller bien, ils mentent et se mentent à eux-mêmes, ainsi, ils trahissent et se trahissent et ils espèrent vivre correctement, ils jouent pour ne pas assumer qu’ils sont les seuls responsables de ce qui se passe dans leur vie.
Ils passent leur vie entière à se mentir en blâmant des choses, ils s’accommodent facilement de faire tourner le passé à leur avantage, enfin, en se posant comme la victime, ils se disent que si l’autre à mal agit c’est parce qu’il est méchant, ce qui va indéniablement leur donner le rôle du gentil.
La volonté d’être la victime est basée sur le besoin de ne rien avoir à se reprocher, ainsi, pour la personne concernée, il est essentiel de se sentir dédouanée de toute forme de culpabilité dans une situation, elle occulte complètement ce qu’elle a pu faire, ou ne pas faire pour que l’autre en arrive à mal agir, elle pense qu’une trahison peut être gratuite parce que l’autre est une forme de démon qui a le mal en lui et qu’il fait ce qu’il fait pour faire du mal uniquement.
Mais une trahison est une trahison que si on se sent trahit, enfin c’est ce à quoi je crois, alors si telle ou telle personne tente quoi que ce soit à mon égard, je ne me sent jamais trahis, c’est aussi ça le pouvoir de la confiance. Si je ne me sent pas trahis, il n’y a donc pas trahison, donc pas de drame.
Je ne me sent jamais trahis car j’ai su amoindrir mon ego pour ne pas entrer dans le mode auto-protect, je ne tourne jamais le regard vers moi en me questionnant sur le mal que l’autre a voulu me faire en me trahissant, le pourquoi sans réponse est la porte ouverte vers la plus absolue des souffrances, avec la confiance, je sais désormais qu’une trahison est une forme de message qui m’est donné de prendre si je veux que s’en soit un. Je me tourne donc vers la personne qui a tenté de me trahir et je cherche ce qu’elle a voulu me communiquer, si je reste dans la positivité, je ne vais pas voir de choses néfastes, c’est tout ce qui m’importe de toute façon.
J’ai remarqué qu’une trahison, ou même un rejet quand ils ne sont pas cohérents sont une volonté de me communiquer quelque chose, de manière maladroite, mais surtout venant de quelqu’un qui sait pertinemment que je ne réagirais pas, ce qui est le cas. J’ai souvent eu affaire à des attitudes incohérentes et j’ai appris à les recevoir.
À force de ne pas se sentir trahit, on monte encore en confiance et plus rien ne nous atteint, plus personne ne nous attaque parce qu’il n’y aura pas l’effet escompté, la vie devient beaucoup plus cool et personne ne nous en veut jamais. Les autres me regardent et m’étudient car je suis une forme de curiosité, l’absence de réaction sur des attitudes qui auraient pu créer de graves conflits donne matière à se poser des questions à celui ou à celle qui s’est tenté à trahir, il ou elle va se poser des questions, il ou elle va évoluer si il ou elle se laisse aller à la confiance.